Peut-on voir le Big Bang ?
C'est le thème d'une conférence qui sera donnée par Jean-Michel LAMARRE (directeur de recherche au CNRS) organisée par Astronomie Nova (Asso de Sèvres) dans le cadre de la Semaine de la Science.
JEUDI 21 OCTOBRE à 20H30 Salle des rencontres à Sèvres-anxaumont
L'auteur nous promet un langage et des explications accessibles !
La présence d'une telle sommité dans notre campagne reculée est exceptionnelle. C'est une occasion à ne pas manquer !
Jean-Michel LAMARRE est directeur de recherche au CNRS. Il travaille à l'Observatoire de Paris, où il a dirigé de 2002 à 2008 le Laboratoire d'Etudes du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique.

Docteur en astrophysique, ingénieur de l'aéronautique et de l'espace, Il a passé la plus grande partie de sa carrière à ouvrir à l'astrophysique le domaine spectral des longueurs d'ondes submillimétriques. Cela l'a conduit du travail en laboratoire aux observatoires les plus extrêmes, par exemple au Pôle Sud, d'où il a contribué aux premières observations submillimétriques depuis ce site avec l'expérience EMILIE. Il a aussi été responsable de l'expérience PRONAOS, un télescope de deux mètres embarqué en ballon stratosphérique. Entre-temps, il a entre autres contribué à la première mesure de la température du noyau d'une comète, à partir des sondes spatiales VEGA, et à la découverte de la composante diffuse des molécules aromatiques hydrogénées dans notre galaxie. Il est l'inventeur et le responsable de l'instrument du projet Planck HFI, qui est en train d'établir une cartographie complète du rayonnement cosmologique et de tout le ciel submillimétrique avec une précision inégalée.
Résumé de la conférence.
"Peut-on observer le Big Bang ?"
Jean-Michel Lamarre, Responsable scientifique de l'instrument Planck-HFI
Directeur de Recherche au CNRS. LERMA, Observatoire de Paris.
Il pourrait paraître absurde de chercher à voir ce qui s'est passé il y a 13,7 milliards d'années, ce qui revient de plus à vouloir assister à la naissance de notre propre univers. C'est pourtant l'objectif que se donnent nombre de cosmologistes : voir de façon aussi directe que possible les tout premiers moments de notre univers.
Ainsi, le satellite Planck est actuellement en train de mesurer la lumière primordiale émise environ 400 000 ans après le Big Bang, soit quand l'univers avait seulement 0,003% de son âge actuel. Avec ces observations, c'est aussi la première seconde de l'univers que nous espérons déchiffrer en étudiant l'empreinte que des ondes gravitationnelles créées à cette époque ont pu laisser dans ce rayonnement.
Nous replacerons ces questions par rapport aux résultats les plus récents et aux grandes interrogations qui interpellent actuellement les cosmologistes.
Plus sur la conférence
La lumière met un certain temps à se déplacer du point où elle a été émise jusqu'à nous ou à notre détecteur. C'est ainsi que l'astronome, s'il observe des objets très lointains, se transforme, qu'il le veuille ou non, en historien de l'univers : il voit les galaxies les plus proches comme elles étaient il y a quelques millions d'années. Et il voit les plus lointaines comme elles étaient il y a des milliards d'années. Si le Big Bang a bien eu lieu il y a 13,7 milliards d'années, il serait alors possible de l'observer directement ? Cette prédiction extravagante et sa vérification expérimentale constituent une des preuves les plus fortes de la théorie de Big Bang : oui, on peut voir les débuts de notre univers, immédiatement après le Big Bang. Certes, ce qu'on voit est très loin de nous, mais cette observation nous apprend une foule de choses et confirme nos hypothèses de départ avec un détail impressionnant, tout en posant de nouvelles questions plutôt dérangeantes. Le conférencier va développer ces différents points en s'obligeant à garder un vocabulaire simple et des idées accessibles.